Il y a des chantiers dont on parle peu parce qu'ils ne ressemblent pas à une vitrine. Celui-ci en est un. À Gourdan-Polignan, en Haute-Garonne, nous avons réalisé les douze logements de l'éco-campus du Comminges, livrés hors d'eau et hors d'air.
Pas une maison témoin, pas un prototype. Douze logements identiques, destinés à héberger les apprentis d'un centre de formation, construits à partir de containers maritimes en fin de vie, sur un terrain boisé au bord de la Garonne.
Le projet et ceux qui l'ont porté
L'opération est portée par le CFA du Comminges, le centre de formation d'apprentis situé à quelques minutes du site. Le problème à résoudre était simple à énoncer et difficile à régler : un apprenti qui vient se former de loin doit pouvoir dormir sur place en semaine. Sans logement, la formation reste inaccessible à ceux qui n'habitent pas à côté.
La maîtrise d'oeuvre a été confiée au cabinet d'architecture David & Biard. Ce sont eux qui ont dessiné le campus, défini l'implantation des modules dans le bois et arrêté le parti architectural.
Le financement est en grande partie public. D'après la presse locale, l'opération représente 2,3 millions d'euros, dont 1,1 million apporté par la Région Occitanie, soutenue par sa présidente Carole Delga. Les premiers résidents sont arrivés le 14 avril 2025.
Notre rôle, précisément : les douze constructions hors d'eau et hors d'air.

Hors d'eau hors d'air, qu'est-ce que cela recouvre
C'est un vocabulaire de chantier qui mérite deux minutes d'explication, parce qu'il dit exactement où s'arrête une responsabilité et où commence la suivante.
Hors d'eau signifie que le bâtiment est couvert et étanche : la structure est posée, la couverture est faite, l'eau ne rentre plus.
Hors d'air signifie que l'enveloppe est fermée : menuiseries extérieures posées, bardage et isolation en place, l'air extérieur ne circule plus à l'intérieur.
À ce stade, le bâtiment est clos et protégé. Les corps d'état qui suivent, électricité, plomberie, cloisons, sols, peintures, peuvent travailler à l'abri.
Pour ce chantier, cela voulait dire douze fois la même chose, avec la même exigence à chaque fois : transformer les containers en atelier, les transporter, les poser, les assembler, isoler, habiller, poser les menuiseries. Douze modules qui doivent se ressembler et vieillir de la même façon.

Le bardage : de l'ondulé, et un sens de pose qui change tout
Le parti retenu par les architectes est un bardage métallique ondulé, dans des gris qui vont du clair à l'anthracite. Il rappelle volontairement l'ondulation d'un container maritime, sans la copier.
Le détail à regarder est le sens de pose. Sur les façades pleines, l'ondulation est horizontale, ce qui étire le volume et le tire vers le bas. Sur les retours et les acrotères, elle est verticale. Ce changement de sens fait lire deux plans différents sur un même volume, sans changer de matériau ni de teinte.
C'est un vocabulaire sobre, presque industriel, qui tient bien dans un environnement boisé : les modules ne cherchent pas à imiter la maison traditionnelle, ils assument ce qu'ils sont.

Douze modules dans un bois, pas un alignement
L'implantation est ce qui distingue ce campus d'une résidence classique. Les douze logements ne sont pas alignés le long d'une voie. Ils sont dispersés dans un bois existant, reliés par des cheminements en gravier qui serpentent entre les arbres.
La conséquence se mesure à l'usage : depuis une terrasse, on voit des arbres, pas la terrasse du voisin. Pour des jeunes qui vivent là du lundi au vendredi, cette distance vaut mieux qu'un couloir de résidence.

Chaque logement reçoit une terrasse couverte par une structure métallique légère, qui prolonge le séjour vers l'extérieur et protège les baies du soleil d'été.

Ce que l'on trouve à l'intérieur
Chaque module fait 50 m². Il comprend deux chambres avec leur salle d'eau, une cuisine équipée, un séjour et la terrasse extérieure. Les volumes sont traités simplement : sol bois, murs clairs, une touche de couleur franche sur le mur de cuisine, de larges baies qui ouvrent sur la végétation.


Rien ici ne rappelle le container. C'est normal : une fois isolé et habillé, un container ne se raconte plus par son origine, il se juge sur ce qu'on y vit.
Un bâtiment qui a deux vies dans la même semaine
Voilà ce qui rend l'opération économiquement intéressante, et qui explique sans doute qu'elle ait convaincu ses financeurs.
En semaine et pendant la période scolaire, les logements accueillent les apprentis du CFA, en formule chambre, avec salle d'eau individuelle et espace commun.
Le week-end et pendant les vacances scolaires, les mêmes modules sont proposés en location touristique, jusqu'à six personnes, avec la cuisine, le séjour et la terrasse.
Le site est à quelques pas de la gare SNCF de Gourdan-Polignan et donne directement sur la base de loisirs du lac de Montréjeau, avec les Pyrénées en toile de fond. Un équipement qui aurait dormi cinq jours sur sept fonctionne ici toute l'année.

Pourquoi le container tenait la route sur ce projet
Trois raisons, et elles valent bien au-delà de ce chantier.
La répétition. Douze logements identiques, c'est exactement le terrain où la construction modulaire prend l'avantage. Ce qui est réglé sur le premier module se rejoue à l'identique sur les onze suivants, en atelier, à l'abri des intempéries.
Le calendrier. Une grande partie du travail se fait en atelier pendant que le terrain se prépare. Les deux chantiers avancent en parallèle au lieu de se suivre.
Le sens. Un campus qui forme aux métiers du bâtiment et qui se loge dans des containers maritimes en fin de vie tient un discours cohérent. La structure existait déjà, elle avait fini sa vie de transport, elle recommence une vie de bâtiment.

Ce que le projet est devenu
L'éco-campus tourne. Les apprentis y dorment en semaine, les visiteurs y séjournent le reste du temps, et l'accueil touristique affiche des avis qui tirent vers le haut, avec la propreté et le personnel en tête des notes.
C'est la seule mesure qui compte pour nous. Un bâtiment que nous livrons hors d'eau hors d'air n'est pas terminé le jour où nous partons. Il est réussi le jour où il se remplit et qu'on n'en parle plus.

Vous portez un projet de ce type
Collectivité, centre de formation, bailleur, entreprise : si vous avez un besoin d'hébergement ou de bâtiment à construire en série, la construction en containers maritimes mérite d'être comparée à la solution traditionnelle, chiffres en main.
Nous intervenons en fourniture et pose, du container brut au bâtiment livré hors d'eau hors d'air, et jusqu'aux finitions selon le montage retenu avec votre maître d'oeuvre.



