Cinq containers maritimes posés dans un bois, à Gratens en Haute-Garonne

À Gratens (31430), dans le Volvestre, Contain Life a construit une maison de plain-pied d'environ 140 m² en cinq containers maritimes de 40 pieds. Le terrain n'est pas un terrain de lotissement ordinaire : c'est une ancienne parcelle agricole que le bois a reconquise, sur un coteau exposé au sud, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Toulouse.

La maison a été posée à la grue le 30 septembre 2022 et réceptionnée le 12 juillet 2023. Son bardage Douglas grisé, posé à la verticale, la fait aujourd'hui disparaître dans les chênes qui l'entourent.

Maison container de plain-pied à Gratens en Haute-Garonne, bardage bois Douglas grisé vertical et terrasse en bois sous les chênes

Un bois repoussé sur d'anciennes terres agricoles

L'histoire du terrain se lit sur les photos aériennes de l'IGN. La parcelle était cultivée jusqu'aux années 1950. Après l'arrêt de l'exploitation, un bois s'y est installé tout seul, et il a eu soixante ans pour s'épaissir.

Le projet a donc commencé par une question de bon sens : combien d'arbres faut-il abattre pour poser une maison ? La réponse retenue a été le strict minimum. Le déboisement s'est limité à l'emprise à construire et à l'accès des engins, la partie sud du terrain restant inconstructible. Le reste du bois est resté debout, y compris les chênes qui bordent aujourd'hui la terrasse.

Terrasse en bois de la maison container de Gratens, chêne conservé au milieu de la terrasse et baies coulissantes à profilés sombres

Ce choix a une conséquence directe sur le chantier, on y revient plus bas : ce qui est facile à faire avec un bois, c'est le raser. Le garder oblige à travailler dans un couloir étroit, avec une grue qui doit porter loin.

Le vrai sujet du chantier : une argile en aléa fort

Avant de dessiner quoi que ce soit, une étude géotechnique de conception G2 phase avant-projet a été confiée au bureau d'études ALIOS, agence de Toulouse. Les sondages, réalisés en mars 2022, ont donné la coupe suivante :

  • des sables argileux sur le premier mètre ;
  • des argiles limoneuses jusqu'à 4 à 5 m de profondeur ;
  • le substratum molassique argilo-sableux en dessous.

Aucune nappe n'a été rencontrée dans les premiers mètres. En revanche, le rapport pointe le vrai risque du secteur : le site se trouve en zone d'aléa fort vis-à-vis du retrait-gonflement des argiles. Les argiles prélevées sont classées A3, c'est-à-dire des argiles plastiques très sensibles aux variations de teneur en eau. Elles gonflent quand il pleut, elles se rétractent quand il fait sec, et ce sont elles qui fissurent les maisons de la région année après année. La commune est par ailleurs en zone de sismicité faible (zone 2).

Il faut y ajouter la topographie : le terrain est à flanc de coteau, avec une pente moyenne de 10 % vers le sud.

La réponse : des puits ancrés à 1,50 m et un plancher qui ne touche pas le sol

Sur un sol comme celui-là, une dalle posée à même le terrain est une mauvaise idée. Les prescriptions retenues à l'issue de l'étude sont donc les suivantes :

  • des fondations par puits, ancrés dans les argiles à 1,50 m de profondeur, au-delà de tous les remblais et des zones décomprimées par les dessouchages ;
  • un niveau bas porté, qui ne touche pas le sol fini mais reste au minimum 7 cm au-dessus, pour que le gonflement de l'argile ne vienne jamais pousser sous le plancher ;
  • des joints de rupture entre les blocs rigides, c'est-à-dire entre les containers eux-mêmes, pour que chaque module puisse suivre son propre tassement sans entraîner le voisin ;
  • un rattrapage des différences de niveau d'assise par redans, en respectant la règle des 3 horizontal pour 2 vertical entre semelles voisines.

C'est précisément là que le container maritime est bon. Un module de 40 pieds est une caisse autoportante qui reporte tout son poids sur ses quatre coins. Au lieu de couler une semelle filante continue sur un sol qui bouge, on pose chaque angle sur son puits et sa platine, et on laisse le reste du terrain tranquille. Le volume de terrassement, sur une parcelle boisée en pente, s'en trouve divisé.

Perspective d'étude de la maison container de Gratens, volume bas en L, bardage bois vertical et grandes baies coulissantes

Une journée de grue, cinq semi-remorques

La fabrication s'est faite à l'atelier Contain Life de Trèbes, dans l'Aude : découpe des ouvertures, renforts, isolation, cloisonnement de premier niveau. Les modules sont partis vers la Haute-Garonne en convoi classique, avec des containers de 40 pieds High Cube mesurant 12,50 m de long, 2,50 m de large et 3,10 m de haut, pour 5,5 tonnes chacun.

Le chargement a eu lieu à l'atelier le 29 septembre 2022, la pose sur site le lendemain. Les moyens mobilisés donnent l'échelle de l'opération : une grue mobile de 100 tonnes et cinq semi-plateaux de 12 m, coordonnés avec le transporteur et le loueur de levage.

Une grue de 100 tonnes pour cinq modules de 5,5 tonnes peut sembler surdimensionnée. Elle ne l'est pas : sur un terrain boisé en pente, l'engin ne peut pas se placer où il veut. Il faut porter la charge par-dessus les arbres conservés et la déposer à plusieurs dizaines de mètres du point de stationnement. C'est la portée qui commande le tonnage de la grue, pas le poids.

Découper un container, c'est le renforcer

Un container maritime tire sa résistance de ses parois ondulées. Chaque baie vitrée découpée dans une paroi enlève de la matière à cette structure, et chaque paroi mitoyenne supprimée entre deux modules accouplés enlève un montant porteur.

Le plan de renforts de la maison de Gratens montre le travail : des renforts verticaux aux jonctions entre modules, un renfort horizontal filant là où la paroi a été ouverte sur toute sa longueur, et des coffrages sur les lignes de jonction pour rattraper l'épaisseur entre deux caisses accolées. L'ensemble tient dans une emprise de 12,40 m par 17,20 m, en L, la longue façade vitrée ouvrant sur la clairière et la terrasse.

Un bardage Douglas qui grise avec le bois qui l'entoure

Le choix de l'enveloppe découle du site. Dans un bois de chênes, un bardage métallique aurait été une erreur d'accord. La maison a donc reçu un bardage bois en Douglas, classe d'emploi 3, teinte grise, en lames de 22 mm d'épaisseur sur 135 mm de largeur, livrées en longueurs de 4 m, avec des cornières d'angle en Douglas assorties. Un peu plus de 200 m² de bardage ont été commandés pour habiller les façades, auprès du négoce toulousain Vivre en Bois.

Le Douglas est un résineux naturellement durable, produit en France, qui n'a pas besoin de traitement lourd pour tenir en extérieur. Sa teinte grise n'est pas une peinture : c'est un pré-grisaillement, qui anticipe le vieillissement naturel du bois exposé aux UV et à la pluie. Les lames ont pris la couleur des troncs voisins, et c'est exactement ce qu'on attend d'une maison posée dans un bois.

Le bardage est posé à la verticale, sur une ossature qui ménage une lame d'air ventilée derrière les lames. Les menuiseries, à profilés sombres, ont été fournies par OUVEO Aquitaine.

Détail du bardage Douglas grisé à lames verticales de la maison container de Gratens, tronc de chêne au premier plan

Depuis l'intérieur, le bois occupe deux murs

Dans une maison container, chaque ouverture est une découpe dans une paroi porteuse : on ne les multiplie pas, on les choisit. À Gratens, les grandes baies ont été placées du côté du bois, avec un angle vitré à la jonction de deux modules, là exactement où la structure a été renforcée pour rendre cet angle possible. Dans la chambre, le bois de chênes occupe deux murs sur quatre, et la lumière change avec les saisons plutôt qu'avec les heures.

Les menuiseries sont à profilés sombres, avec les coffres de volets roulants intégrés en tableau haut. À l'intérieur, l'ossature de doublage rattrape les parois ondulées du container et donne des murs droits en finition blanche, le sol est posé en lames claires dans la continuité de la terrasse. Rien ne signale, une fois la porte franchie, qu'on se trouve dans cinq containers maritimes assemblés : c'est en général la première surprise des visiteurs.

Chambre de la maison container de Gratens ouverte sur le bois de chênes par un angle vitré et une grande baie fixe à profilés noirs

Des entreprises du Sud-Ouest autour du chantier

La conception architecturale et le dossier de permis de construire ont été menés avec le cabinet toulousain David & Biard Architectes, partenaire régulier de Contain Life. Le reste des lots a été confié à des entreprises du secteur :

  • levage et transport : AUTAA Occitanie, à Roques-sur-Garonne, et les Transports Bompard ;
  • bardage bois : Vivre en Bois, à Toulouse ;
  • cloisons et peinture : SAS Pons, au Fossat en Ariège ;
  • électricité : GP Elec, groupe Sencia, à Toulouse, avec attestation de conformité Consuel obtenue en mars 2023 ;
  • menuiseries extérieures : OUVEO Aquitaine.

Dix-huit mois entre la première étude et la remise des clés

Le calendrier réel du projet, pour donner une idée honnête des délais d'une maison container sur mesure :

  • janvier 2022 : étude technique et cahier des charges ;
  • février 2022 : chiffrage et devis de construction ;
  • avril 2022 : rendu de l'étude de sol G2 avant-projet ;
  • juin et juillet 2022 : commande du bardage, signature du contrat de construction, plans d'exécution et plan des fondations ;
  • 29 et 30 septembre 2022 : transport depuis l'atelier de Trèbes et pose à la grue ;
  • automne et hiver 2022 : second œuvre, cloisons, électricité, plomberie, chapes ;
  • mars 2023 : Consuel ;
  • 12 juillet 2023 : réception.

L'essentiel du temps n'est pas passé sur le chantier : il est passé en amont, en études. C'est la règle sur ce type de terrain. Une parcelle plate et viabilisée fait gagner des mois ; un coteau boisé sur argile gonflante les reprend.

Construire une maison container à Gratens et dans le Volvestre

Gratens est une commune rurale de la communauté de communes Cœur de Garonne, dans le canton de Cazères, à environ 41 km de Toulouse, 23 km de Muret et 13 km de Cazères. Contain Life y intervient comme dans tout le sud-ouest toulousain.

Le chantier de Gratens est représentatif des terrains du secteur : Pouy-de-Touges, Marignac-Lasclares, Labastide-Clermont, Bois-de-la-Pierre, Peyssies, Lafitte-Vigordane, Le Fousseret, Rieux-Volvestre, Carbonne, Cazères, Saint-Sulpice-sur-Lèze, Longages ou Noé partagent les mêmes coteaux molassiques, les mêmes argiles sensibles au retrait-gonflement et les mêmes beaux terrains boisés en pente, ceux que les constructeurs traditionnels regardent avec méfiance.

C'est précisément le terrain de jeu de la construction en containers maritimes : une structure autoportante posée sur puits, un chantier court sur site, peu de terrassement et une enveloppe que l'on choisit pour s'accorder au lieu.

Votre projet

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Les sols argileux du Volvestre et du Lauragais reviennent sur presque tous les projets du département. Ce qu'ils impliquent, avec nos autres chantiers de Haute-Garonne, est détaillé sur la page maison conteneur à Toulouse.