Trois salles de classe en containers maritimes dans une cour d'école du centre historique
Au cœur de la Bastide Saint-Louis, à Carcassonne, Contain Life a construit l'extension de l'école maternelle Saint-Michel, 8 place Joseph Poux : 200 m² de surface de plancher posés dans la cour de récréation, pour trois salles de classe et un bloc sanitaire. Le tout en containers maritimes recyclés, sous une toiture en tuiles et un bardage bois, aux côtés de l'architecte carcassonnaise Annelaure Delwarde.
Le bâtiment a été réceptionné le 28 août 2026. Les élèves y ont fait leur rentrée quelques jours plus tard.
Une école qui doit absorber les élèves d'une autre, en un été
L'école Saint-Michel est une école catholique de l'ensemble scolaire Saint-Louis de Carcassonne. Elle accueillait 120 élèves répartis en cinq classes.
La fermeture d'un autre établissement carcassonnais, l'école l'Immaculée, a changé l'équation : une moitié de ses élèves a rejoint l'école Jeanne-d'Arc, l'autre moitié devait être accueillie à Saint-Michel dès la rentrée de septembre 2026. Soit une cinquantaine d'enfants de plus, dans une école qui n'avait plus de place.
Deux classes nouvelles à créer, une classe existante à déplacer : l'OGEC Saint-Louis, maître d'ouvrage, a donc lancé la construction de trois salles de classe supplémentaires, avec des sanitaires. Et une contrainte non négociable : la date de la rentrée des classes.
Prévu comme du temporaire, conçu pour durer
Le projet a d'abord été envisagé comme une construction temporaire, le réflexe classique quand une école doit absorber un surcroît d'effectifs. Il a finalement été pensé pour perdurer.
C'est une distinction qui change tout sur le chantier. Un préfabriqué de cour de récréation se pose, se raccorde et se repart. Ici, il fallait un vrai bâtiment scolaire : isolation, chauffage et climatisation, ventilation, faux plafonds, sol souple, sanitaires raccordés, accessibilité aux personnes à mobilité réduite, sécurité incendie. Et une architecture capable de tenir la comparaison avec le bâti ancien qui l'entoure.
Le fil conducteur donné par la maîtrise d'œuvre tenait en une phrase : s'inscrire en continuité du bâti existant tout en proposant une construction contemporaine.
Un chantier aux abords de trois monuments historiques
La cour de l'école Saint-Michel se situe dans le périmètre de protection de trois monuments historiques carcassonnais : la cathédrale Saint-Michel et ses abords, le bastion de Montmorency et le portail des Jacobins.
Conséquence directe : le projet relève des articles L.621-30, L.621-32 et L.632-2 du code du patrimoine, et rien ne se construit sans l'avis de l'architecte des Bâtiments de France. Le dossier de permis de construire a été monté avec Annelaure Delwarde, en lien avec l'architecte-conseil de la mairie de Carcassonne et l'Unité départementale de l'architecture et du patrimoine de l'Aude.
Le permis de construire, déposé en mairie le 19 décembre 2025, porte le numéro PC 011 069 25 00122. Il a été affiché en mairie le 5 mai 2026 et autorise 200 m² de surface de plancher pour une hauteur de 4,70 m, sur un terrain de 2 087 m².
L'accord des Bâtiments de France, assorti d'une prescription sur le bardage
L'avis rendu le 17 avril 2026 est un accord, assorti d'une prescription précise : le bardage bois doit recevoir une patine de grisaillement au silicate de potassium, dans une teinte issue d'une gamme identifiée par l'architecte des Bâtiments de France.
L'objectif n'est pas décoratif. Un bardage bois neuf est clair et lumineux ; il grisaille naturellement, mais de façon lente et irrégulière selon l'exposition. La patine anticipe ce vieillissement et l'homogénéise, pour que le volume neuf se fonde immédiatement dans les tonalités minérales de la Bastide plutôt que d'y faire tache pendant cinq ans.
La recommandation qui l'accompagne a été suivie à la lettre : des échantillons de teintes ont été appliqués sur site, puis soumis à l'architecte des Bâtiments de France pour validation lors d'une de ses permanences. La mise en œuvre définitive se fait en deux couches sur l'ensemble du bardage.
Une toiture en tuiles, du bois audois, pas de bac acier
Le reste de l'enveloppe suit la même logique. Là où une construction modulaire standard aurait reçu une couverture en bac acier et un bardage métallique, l'extension de Saint-Michel a reçu :
- une toiture en tuiles, sur charpente, avec solin en zinc, gouttières et descentes ;
- un bardage bois vertical, rythmé par des tasseaux, qui habille la totalité des façades visibles depuis la cour ;
- des menuiseries en bois fabriquées dans l'Aude, avec des volets en bois.
Vu depuis les toits voisins, le résultat ne se lit pas comme un bâtiment modulaire. Il se lit comme une longère basse adossée au mur de la cour, sous les platanes.
Aucune fondation, pour ne pas toucher aux sols
C'est la particularité technique la plus intéressante du chantier. Les sols de la parcelle sont susceptibles de nécessiter des fouilles archéologiques : on est en plein centre historique, et tout terrassement sérieux ouvre un dossier long et coûteux.
La réponse retenue a été de ne pas faire de fondations du tout. Le bâtiment est autoporté, repris par un système de calage réparti, qui transmet les charges au sol existant sans excavation.
C'est précisément ce que permet la structure container : l'ossature porteuse arrive déjà constituée, calculée pour encaisser les efforts d'un empilement de plusieurs tonnes sur un pont de navire. Elle n'a pas besoin d'un radier ni de semelles filantes pour tenir debout. Sur ce chantier, cette propriété a fait gagner à la fois les délais d'une campagne de fouilles et l'intégralité du poste terrassement et béton de fondation.
Le 17 juin : trois grues et un quartier bloqué
La cour de l'école n'est pas accessible aux camions. Elle est enclavée entre le bâti ancien, les murs de clôture et les platanes. Les modules ont donc été livrés dans la rue et passés par-dessus les toits.
La manutention a eu lieu le mercredi 17 juin 2026. Trois grues mobiles ont été mobilisées pour la mener à bien. Il a fallu neutraliser la rue Grignan et la place du Général de Gaulle jusqu'à la rue Joseph Poux pour déployer les flèches et manœuvrer les charges.
Chaque module partait du camion, montait à la verticale, franchissait une ligne de toitures et redescendait dans la cour, au millimètre. 200 m² de structure ont été posés en deux jours. Dès le lendemain, les travaux de finition démarraient.
Dix containers maritimes, huit de 40 pieds et deux de 20 pieds
L'extension est composée de dix containers maritimes : huit containers de 40 pieds et deux containers de 20 pieds, assemblés en deux files pour former des volumes de classe de plain-pied.
Le travail d'atelier, à Trèbes, précède la pose : découpe des ouvertures, renforts aux endroits où l'on retire de la tôle porteuse, suppression des parois intérieures entre containers accolés, traitement et préparation de la caisse.
Sur site, après la pose, l'isolation a été projetée en mousse polyuréthane sur l'enveloppe, y compris en toiture avant la mise en œuvre de la charpente et des tuiles. C'est la teinte jaune qui apparaît sur les photos de chantier : une isolation continue, sans ponts thermiques aux jonctions entre modules.
Trois mois de chantier là où il en faut six
Le calendrier est la seconde signature de ce chantier. Permis affiché début mai, réception fin août : un projet de cette envergure demande en général six mois, il en a eu trois, vacances scolaires comprises.
Le planning s'est organisé en séquences serrées, corps d'état par corps d'état :
- Mai à juin : préparation en atelier, structure et pose des containers ;
- Juin à juillet : maçonnerie, charpente et couverture, menuiseries bois, réseaux, plâtrerie ;
- Fin juillet : coulage de la chape ;
- Août : électricité, climatisation et ventilation, plomberie, bardage, peinture, faux plafonds, sol souple ;
- 28 août 2026 : réception du chantier.
Les rampes d'accès, les gouttières et la patine du bardage ont été traitées dans la foulée, après la rentrée.
Sept entreprises, toutes locales
Contain Life travaille en circuits courts et fait appel à des entreprises du département. Sur Saint-Michel, l'entreprise a assuré la structure et les containers, la plâtrerie, la chape, les menuiseries bois, le bardage et les rampes. Autour d'elle :
- SARL Granell : maçonnerie, charpente et couverture ;
- Thomelec : électricité, climatisation et ventilation mécanique ;
- Limongi Frères : plomberie et sanitaires ;
- SCOP Abadie : peinture et sol souple ;
- FTP : réseaux et voirie.
Maîtrise d'œuvre : Annelaure Delwarde Architecture, 53 place Paul Valéry à Carcassonne. Maîtrise d'ouvrage : l'OGEC Saint-Louis, pour la Famille diocésaine audoise.
Le bilan carbone d'un bâtiment qui n'utilise pas de béton
L'absence de fondation n'a pas qu'un intérêt archéologique. Elle supprime aussi le poste le plus carboné d'une construction neuve de cette taille.
Sur ce chantier, il n'y a pas de radier, pas de semelles, pas de longrines. La structure porteuse, elle, n'a pas été produite pour le projet : ce sont dix caisses en acier Corten arrivées en fin de carrière maritime, remises en service comme ossature de bâtiment. Le reste de l'enveloppe est en bois, en tuiles et en zinc.
Pour un maître d'ouvrage associatif ou scolaire qui doit justifier ses choix auprès d'une tutelle, c'est un argument concret : moins de matière neuve, moins de rotations de camions, un chantier court et un bâtiment démontable en fin de vie.
Ce que ce chantier prouve
Trois choses, que l'on entend rarement associées au container maritime.
Le container passe en secteur protégé. À condition de traiter l'enveloppe comme on traiterait celle d'une extension maçonnée : toiture en tuiles, bardage bois, menuiseries bois, patine validée par l'architecte des Bâtiments de France. Ce n'est pas un contournement de la règle patrimoniale, c'est son application.
Le container passe là où rien d'autre ne passe. Une cour d'école enclavée, sans accès camion, avec des sols que l'on ne veut pas ouvrir : la combinaison grue plus structure autoportée résout un problème que la construction traditionnelle ne sait pas résoudre dans ce délai.
Le container tient un calendrier scolaire. Entre l'affichage du permis et la réception, il s'est écoulé un peu moins de quatre mois. Les enfants de l'école l'Immaculée ont fait leur rentrée à l'heure.
Un projet scolaire ou tertiaire à faire entrer dans un calendrier serré ?
Contain Life conçoit et fabrique des bâtiments professionnels en containers maritimes depuis son atelier de Trèbes, dans l'Aude : écoles, locaux médico-sociaux, bureaux, laboratoires, bâtiments hospitaliers. Nous intervenons en Occitanie et dans tout le Sud-Ouest.
Vous pouvez voir d'autres réalisations sur notre page Bâtiments pro, notamment les nouveaux locaux du centre médico-psycho-pédagogique de Carcassonne et le bâtiment livré pour l'hôpital de Carcassonne.
Pour un projet, une étude de faisabilité ou une estimation, contactez-nous : nous étudions chaque dossier, y compris ceux que l'on vous a présentés comme impossibles à tenir dans les délais.
Le passage devant l'architecte des bâtiments de France n'est pas propre à cette école : il concerne une bonne partie de Carcassonne. Nous expliquons ce que cela change pour un projet, avec nos autres réalisations locales, sur la page maison conteneur à Carcassonne.


