Une maison et un garage posés sur un terrain que les constructeurs évitaient
À une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Toulouse, juste après Colomiers, Léguevin s'étend sur des coteaux qui descendent vers les ruisseaux. Beaucoup de terrains y sont magnifiques et considérés comme difficiles : trop pentus, trop boisés, trop proches de l'eau. C'est exactement le genre de parcelle qui nous arrive.
Le projet raconté ici, livré au printemps 2021, tient en deux volumes : une maison individuelle d'environ 110 m² et un garage indépendant de 42 m², tous deux construits en containers maritimes dans notre atelier de Trèbes, puis posés à la grue. Entre les deux, une dizaine de mètres de dénivelé.
Le vrai sujet du chantier : la maison est cinq mètres sous la route
La parcelle fait près de 4 000 m². Elle est bordée au sud par une voie communale, au nord par un ruisseau, et elle descend sans interruption de l'une à l'autre : environ 11 mètres de dénivelé, soit une pente moyenne de 16 %. Une partie du terrain est classée en zone naturelle, inconstructible, et c'est celle qui touche l'eau.
Concrètement, cela veut dire qu'on ne peut pas poser une maison n'importe où. Le garage est calé en haut, au niveau de la route, parce qu'une voiture doit pouvoir y entrer. La maison, elle, est descendue sur une plateforme intermédiaire, à environ cinq mètres sous le niveau de la voie. Le terrain continue ensuite de plonger vers le ruisseau.
Cette coupe est le document le plus parlant du dossier. À gauche, le garage, à la cote 189. Au centre, la maison, à la cote 185. À droite, la pente qui file jusqu'à 179. Tout le chantier découle de ce dessin.
Ce que l'étude de sol a réellement trouvé
Avant de dessiner quoi que ce soit, nous avons fait réaliser une étude géotechnique de conception G2 avant-projet par le bureau ALIOS. Deux campagnes de sondages ont été menées, en mars puis en avril 2020 : un sondage à la tarière descendu à 7,50 m, et cinq essais au pénétromètre dynamique.
Le sous-sol se lit en trois couches. D'abord des remblais limono-graveleux avec des briques rouges, jusqu'à 1,60 m par endroits. Ensuite des argiles limono-sableuses, de consistance plastique à ferme, classées A2 au laboratoire, donc très sensibles aux variations de teneur en eau. Enfin, à partir de 2 à 4 mètres selon les points, les molasses tertiaires, une roche tendre argilo-sableuse qui devient raide et sur laquelle on peut s'appuyer.
À cela s'ajoutent trois contraintes référencées sur la zone :
- un aléa retrait-gonflement des argiles classé fort, le plus haut niveau ;
- une partie aval en zone inondable à crue très fréquente, d'après les données de la DREAL ;
- une sensibilité aux remontées de nappe, confirmée sur place par des tiges de pénétromètre remontées humides à partir de 1,80 m en partie basse.
Traduction pour le maître d'ouvrage : on ne fonde pas dans l'argile de surface, on va chercher la molasse, et on évacue l'eau avant qu'elle ne s'installe.
Deux plateformes, un enrochement et 135 mètres de puits
Le terrassement a été confié à l'entreprise FTP. Il a fallu déblayer jusqu'à 3 mètres au droit du garage et remblayer jusqu'à 2,50 mètres au droit de la maison pour créer les deux plateformes, dessoucher les arbres à abattre sur l'emprise, tailler les talus et relier les deux niveaux par un cheminement. Côté route, la terre est retenue par un enrochement calcaire à joints terre, doublé d'une haie vive.
Les réseaux ont suivi la même logique de pente : raccordements électricité, télécom et eau potable sur 35 mètres linéaires, pompe de relevage pour les eaux usées puisque la maison est plus bas que le réseau, et évacuation des eaux pluviales par un puits d'infiltration de 900 mm de diamètre et 6 mètres de profondeur, avec rejet en bas de parcelle.
Les fondations, elles, appliquent à la lettre la préconisation de l'étude de sol : des puits de béton C20/25 ancrés dans les molasses, coulés au diamètre 400 mm. Au total, 135 mètres linéaires de puits ont été forés et 35 supports de conteneur posés. Chaque tête de puits reçoit une platine métallique, fabriquée dans notre atelier selon un gabarit, mise à niveau au moment du coulage. Les containers viennent ensuite se souder sur ces platines. La maison ne repose donc pas sur un radier ni sur une semelle filante : elle est tenue en une trentaine de points, chacun descendu jusqu'à la roche.
Le permis, la zone N et le garage indépendant
Le permis de construire a été déposé le 25 mai 2020 et accordé le 21 juillet 2020 par la commune, pour 109 m² de surface de plancher créée, au titre d'une maison individuelle et d'un garage indépendant. La conception et le dossier ont été menés par l'Atelier LCA, à Carcassonne.
Le découpage réglementaire du terrain a commandé l'implantation : la partie haute est constructible, la partie basse, celle du ruisseau, est classée en zone naturelle. Tout le bâti est donc concentré sur le tiers haut de la parcelle, la végétation existante étant conservée au nord. Le déboisement s'est limité à l'emprise strictement nécessaire.
Cette perspective correspond à l'étude déposée en mairie. Le projet construit en diffère sur deux points, discutés en cours de conception : la terrasse sur pilotis a été supprimée, et le bardage bois est passé d'une pose verticale à une pose horizontale à claire-voie.
Sept containers, une grue de 100 tonnes et une rue fermée
La pose est le moment où un chantier en pente se joue. Quatre containers de 40 pieds High Cube composent la maison, trois containers de 20 pieds composent le garage et l'atelier. Les modules arrivent finis de l'atelier : découpés, renforcés, peints, isolés, bardés.
Le problème n'était pas le poids, mais la distance. Les modules de la maison devaient être déposés à près de 30 mètres de la route, en contrebas, par-dessus le talus. Plus la flèche est longue, plus la charge admissible s'effondre : c'est ce rapport entre portée et tonnage qui a imposé une grue mobile de 100 tonnes pour des modules de 5,5 tonnes.
Deuxième obstacle, aérien celui-là : une ligne électrique passait dans l'axe de la manutention. Impossible de faire voler un container de 12 mètres sous un câble sous tension. Il a fallu ouvrir un dossier de protection de ligne, faire déposer le câble électrique et la ligne télécom le temps du levage, et caler tout cela sur la même journée que la grue et le transport.
Troisième obstacle, réglementaire : pour installer une grue de cette taille et faire manœuvrer les porte-chars, la voie communale devait être fermée. La mairie a pris un arrêté municipal temporaire d'occupation du domaine public, autorisant l'occupation de la chaussée et de sept places de stationnement, avec fermeture complète de la rue pendant une journée puis deux demi-journées, panneaux « route barrée » à chaque extrémité. Sur le papier, 35 mètres de voirie mobilisés, 17 journées d'occupation.
Tout est tombé juste : la maison a été assemblée sur ses fondations en une matinée, le 3 mars 2021, le dernier module étant posé vers 11 h 30.
L'enveloppe : claire-voie en Douglas et toiture EPDM
Le bardage retenu est un bardage à claire-voie en Douglas classe 3, en lames de 115 mm de largeur et 44 mm d'épaisseur, fabriquées en France et fournies par le négoce toulousain Vivre en Bois. Il est classé M3 au feu selon le DTU 88 et conforme à la norme NF EN 14519.
Sa mise en œuvre est un point technique que nous soignons particulièrement sur les containers : des équerres métalliques sont fixées sur la structure acier, puis isolées une à une par des membranes autocollantes en EPDM pour couper le pont thermique que crée chaque fixation. Les tasseaux support, en classe 4, sont alignés et mis à niveau au laser : c'est ce qui donne un plan de façade parfaitement droit sur une paroi ondulée à l'origine.
L'isolation combine deux complexes. À l'extérieur, une mousse polyuréthane projetée sur environ 10 cm, appliquée sur les façades, en toiture et sous les containers, ce qui compte double sur un bâtiment porté en l'air par des puits. À l'intérieur, une laine de verre de 75 mm en façade et 100 mm en plafond. L'ensemble atteint une résistance thermique globale de l'ordre de R = 6.
La couverture est un toit terrasse étanché à la membrane EPDM, collée en plein, sur un support en dalles d'OSB de 22 mm vissées sur des tubes acier soudés à la structure, avec des relevés d'acrotères et une pente de 3 %. La maison est traitée en double pente, le garage en simple pente. Toutes les finitions métalliques, bandes de rive et descentes d'eau, sont en RAL 7016, comme les menuiseries aluminium.
Ce que ce chantier démontre pour un terrain en pente
Sur une parcelle comme celle-ci, la construction traditionnelle paie deux fois : une fois en terrassement, pour créer une plateforme assez large et assez stable, une fois en fondations, parce qu'un sous-sol argileux en pente impose des ouvrages lourds.
Une construction en containers maritimes change les termes du problème sur trois points :
- la structure est autoportante : elle tient sur des appuis ponctuels, ici une trentaine de puits, et non sur une assise continue ;
- la charge est faible et connue : environ 1,9 tonne par appui, quatre appuis par container, ce qui permet de dimensionner les fondations au plus juste ;
- le chantier sur site est court : les modules arrivent terminés, le gros œuvre se joue sur une matinée de grue, ce qui limite l'exposition aux intempéries sur un terrain qui devient impraticable dès qu'il pleut.
Le calendrier réel du projet le montre bien : entre l'étude de sol commandée en février 2020 et la pose de mars 2021, l'essentiel du temps est passé en études, en démarches et en terrassement. Les containers, eux, ont été posés en une matinée.
Construire une maison container à Léguevin et dans l'ouest toulousain
Léguevin est une commune du Save au Touch, sur l'axe de Toulouse vers l'Isle-Jourdain et Auch. Contain Life y intervient comme partout en Occitanie, depuis son atelier de Trèbes.
Les terrains de ce secteur se ressemblent : coteaux molassiques, argiles sensibles au retrait-gonflement, fonds de vallon humides et beaux terrains boisés en pente. C'est vrai à Colomiers, Pibrac, Brax, La Salvetat-Saint-Gilles, Plaisance-du-Touch, Fonsorbes, Fontenilles, Sainte-Foy-de-Peyrolières, Lévignac, Mérenvielle, Pradère-les-Bourguets, Cornebarrieu, Tournefeuille, Blagnac ou Toulouse.
Un terrain en pente n'est pas un terrain perdu. C'est un terrain qui demande une étude de sol sérieuse, une implantation intelligente et un mode constructif léger.
Votre projet
Vous avez un terrain en pente, boisé, étroit ou difficile d'accès dans l'ouest toulousain, et on vous a dit que ce serait compliqué à construire ? Parlons-en. Contain Life conçoit, fabrique dans son atelier de Trèbes et pose votre maison container en Occitanie.
Parlez-nous de votre projet, nous étudions la faisabilité de votre terrain avec vous.
Les terrains en pente de l'ouest toulousain sont un cas où la construction en conteneur gagne vraiment. Nous le détaillons, avec nos autres réalisations du 31, sur la page maison conteneur à Toulouse.


