Le tout premier bâtiment de Contain Life : 200 m² en sept containers maritimes
En 2018, Contain Life signe son premier contrat de travaux. Pas un studio de jardin, pas un prototype : un bâtiment professionnel de 200 m² à Carcassonne, construit à partir de sept containers maritimes de 40 pieds High Cube, pour le compte de l'UDAF de l'Aude et de la Caf de l'Aude.
Ce bâtiment porte un nom : la Maison de la famille du Carcassonnais. Il a été inauguré le 4 octobre 2019, rue Pierre Latécoère, à côté du siège de l'association. Le chantier a été conduit avec l'architecte carcassonnaise Laëtitia Chavernac, de l'Atelier LCA, qui accompagne l'entreprise sur ses projets tertiaires depuis.
Sept ans plus tard, c'est toujours la référence que l'entreprise cite en premier quand on lui demande ce qu'un container maritime sait faire d'autre qu'une maison individuelle.
Une association qui manquait de place, pas de temps à perdre
Au départ, la demande est simple : l'UDAF de l'Aude veut agrandir ses locaux. Les premiers échanges datent de février 2018 et parlent d'un projet d'extension.
Le projet grossit en cours de route et devient autre chose : la deuxième structure du département à recevoir le label « Maison de la famille », après celle de Narbonne. Un label créé dans le cadre du schéma départemental des services aux familles, qui réunit autour de la table la Caf de l'Aude, le Conseil départemental, la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations et la Mutualité sociale agricole. La gestion du lieu est confiée au GDAAF, le groupement départemental d'associations d'aide aux familles.
Concrètement, cela veut dire un bâtiment qui doit accueillir dans la même journée une médiation familiale à huis clos, un groupe de parole de parents, un atelier cuisine et une conférence. Quatre usages, quatre besoins de surface différents, un seul bâtiment de 200 m².
C'est ce programme qui explique tout le reste, y compris les murs mobiles.
Sept containers de 40 pieds, 12,20 m sur 17,50 m
La construction est composée de sept containers maritimes de 40 pieds High Cube juxtaposés, soit un rectangle de 12,20 m de large sur 17,50 m de long, pour 3 m de hauteur hors tout. L'ouvrage pèse 54 tonnes.
Les containers sont achetés en France, lavés, désinfectés puis réceptionnés à l'atelier. Les zones de corrosion sont sablées, l'ensemble reçoit une peinture antirouille puis deux couches de finition métallique. Les ouvertures sont découpées dans la tôle, et chaque percement reçoit un pré-cadre en tube carré 40x40 soudé, puis son étanchéité. C'est le geste de base du métier : un container ondulé tient debout tout seul, un container découpé ne tient que si on lui rend ce qu'on lui a pris.
Le bâtiment est un établissement recevant du public, dimensionné pour moins de 200 personnes. Détail qui compte pour la suite : les fondations ont été calculées pour supporter un futur étage de la même charge, jamais construit à ce jour, mais prévu dès l'origine.
Des pieux vissés plutôt qu'une dalle béton
Le 8 novembre 2018, une machine chenillée s'installe sur la pelouse de l'association et commence à visser des pieux hélicoïdaux dans le sol. Pas de coffrage, pas de camion toupie, pas de semaine de séchage.
Les fondations sont réalisées en pieux vissés TechnoPieux, modèle P4-10R, implantés par un géomètre selon le plan de fondation, et coiffés de platines à réglage altimétrique de 200x200x12 mm. C'est ce réglage qui permet de rattraper le niveau au millimètre avant que les modules n'arrivent.
L'Indépendant, qui consacre une page au chantier le 7 octobre 2018, résume bien l'intérêt du procédé : la construction « sera transportée sur les lieux pour l'assemblage final, sans travaux de terrassement avec seulement la pose de pieux vissés dans le sol ».
Pour un terrain en herbe, au pied d'un bâtiment en service, avec du public qui continue d'entrer et de sortir tous les jours, l'absence de terrassement n'est pas un détail de confort. C'est ce qui rend le chantier possible.
Deux murs mobiles de sept mètres, ou comment une salle change de forme
C'est la pièce maîtresse du bâtiment, et elle était au cahier des charges dès la première offre de février 2018.
La grande salle de vie collective est équipée de deux murs mobiles monodirectionnels de 7 mètres de large, sous 2,30 m de hauteur de rail. Références du lot : des OPTI 100-A, rail et profilés aluminium en blanc RAL 9010, panneaux mélaminé blanc, fournis par Roussillon Équipements. Commande acceptée le 19 novembre 2018, livrée sur le chantier le 19 mars 2019.
Monodirectionnel veut dire que les panneaux se déplacent tous dans le même sens le long d'un rail unique et viennent se garer, serrés les uns contre les autres, dans un renfoncement en bout de course. Ouverts, ils libèrent la totalité du volume. Fermés, ils font deux cloisons pleines.
Résultat : une salle unique de conférence, ou trois espaces de travail simultanés, selon la manipulation de la journée. C'est exactement ce que le programme demandait.
Pourquoi un mur mobile est d'abord un problème de structure
Un mur mobile ne se pose pas sur un plafond, il se pend à une structure. Et les chiffres du lot posé ici sont parlants : 92,8 kg par mètre linéaire de cloison, et 650 kg concentrés au point où les panneaux viennent se garer.
Autrement dit, sur un seul appui, le bâtiment doit encaisser le poids d'une petite voiture, à chaque manœuvre, pendant toute la durée de vie du bâtiment. Un faux plafond ne reprend pas cela. Une ossature de doublage non plus.
Dans un bâtiment en containers maritimes, la réponse est dans la matière d'origine : le rail retombe sur la ligne de jonction entre deux modules, là où les longerons hauts en acier des containers sont conservés et, quand il le faut, renforcés par des poteaux. C'est pour cette raison que des poteaux acier restent visibles au milieu de la grande salle, peints en sombre et assumés. Ils ne sont pas décoratifs : ce sont eux qui permettent d'ouvrir 12 mètres de large dans une construction faite de modules de 2,44 m.
Sur le plan acoustique, les panneaux posés sont annoncés à 42 dB d'affaiblissement. C'est la valeur de laboratoire, et il faut la lire pour ce qu'elle est : sur un chantier, la performance réelle dépend des joints périphériques, du contact au sol et de l'étanchéité en tête de rail. Une cloison performante mal raccordée ne vaut pas mieux qu'un rideau. Pour un lieu où se tiennent des médiations familiales dans une pièce pendant qu'un atelier collectif se déroule dans la suivante, ce raccordement est précisément ce qui fait le service rendu.
Un bardage en ciment composite, sur deux teintes
Le bardage retenu est un bardage à clin en ciment composite James Hardie, gamme HardiePlank texture Cedar, avec la finition ColorPlus, une peinture acrylique appliquée en usine sur la face extérieure. La teinte principale porte le nom de « brume du matin » ; une seconde teinte, plus verte et plus sombre, marque les volumes en retrait.
Le choix n'est pas esthétique. Il vise la tenue dans le temps : un aspect bois, sans le vieillissement gris du bois, sans lasure à repasser tous les cinq ans sur un bâtiment associatif dont personne n'a le budget d'entretien. Là encore, L'Indépendant l'avait noté dès 2018 : « un nouveau bardage durable, avec peu de variation de teinte et d'entretien ».
Sept ans après la pose, la façade que l'on photographie aujourd'hui est la même que celle du jour de la livraison.
Isolation, étanchéité, accessibilité
L'isolation est double, intérieure et extérieure. À l'extérieur, un bouclier thermique et un pare-pluie anti-UV posés sur les faces du module. À l'intérieur, 88 mm de laine de roche. C'est le complexe que l'entreprise a mis au point sur ce marché et qu'elle a ensuite repris, à l'identique, sur ses premières maisons individuelles.
L'étanchéité est assurée par une membrane EPDM Firestone, posée sur une pente douce en OSB 18 mm rapportée sur la toiture des containers, avec une boîte à eau en façade. Les menuiseries sont en PVC laqué RAL 7016, volets roulants assortis. La climatisation est une réversible gainable, raccordée au groupe du bâtiment existant qui disposait de 10 kW libres : une économie franche par rapport à une production indépendante.
Côté public, le bâtiment reçoit une rampe d'accessibilité conforme aux normes ERP, structure métallique et platelage bois, des sanitaires PMR dont un avec douche, et une terrasse d'environ 24 m² sur plots réglables, en pin classe IV.
La cuisine pédagogique, cœur du programme
Dans un bâtiment de 200 m², consacrer une pièce entière à une cuisine équipée n'a rien d'évident. Ici, c'était une demande centrale, parce que la cuisine est un outil de travail.
Le lieu accueille des ateliers nutrition destinés aux jeunes et aux publics fragilisés, un « Parcours Soupe » pour les lycéens et étudiants, et l'action « Un dimanche en famille » qui ouvre la Maison de la famille aux aidants familiaux autour d'un repas partagé. Sans cuisine, aucune de ces actions n'existe.
Détail que l'on aime rappeler : le mobilier intérieur a été réalisé par l'entreprise d'insertion A2main, à partir de mobilier recyclé. Un bâtiment en containers réemployés, meublé en mobilier réemployé, par une structure d'insertion. La cohérence du projet ne s'arrête pas à la structure.
Le chantier en dates
Février 2018 : premiers plans et première offre chiffrée.
Septembre 2018 : dossier de permis de construire monté par l'Atelier LCA.
Octobre 2018 : dépôt du permis en mairie de Carcassonne.
8 novembre 2018 : pose des pieux vissés.
19 novembre 2018 : commande des deux murs mobiles.
15 mars 2019 : permis de construire accordé.
19 mars 2019 : livraison des murs mobiles sur le chantier.
Avril 2019 : pose du bardage à clin.
Mai 2019 : livraison du bâtiment, deux mois après l'obtention du permis.
5 juin 2019 : réception.
4 octobre 2019 : inauguration officielle de la Maison de la famille du Carcassonnais.
11 décembre 2019 : réception définitive des travaux.
France 3, L'Indépendant, Touléco : le chantier qui a fait connaître l'entreprise
Ce premier marché a été suivi de près par la presse régionale, et c'est lui qui a sorti Contain Life du statut de curiosité locale.
Le 7 octobre 2018, L'Indépendant et La Dépêche du Midi consacrent une page au projet sous le titre « Contain Life prend de l'envergure », avec en sous-titre « 200 m² de bureaux à partir de sept containers juxtaposés ». En février 2019, les équipes de France 3 viennent filmer la fabrication en atelier puis l'installation du bâtiment. En mars 2019, la Région Occitanie met l'entreprise en avant sur son site et dans une brochure diffusée sur le territoire. En mai 2019, Touléco écrit que la société audoise « livrera courant avril 200 m² de bureaux à son premier client ». En octobre 2019, Via Occitanie consacre un reportage vidéo à l'atelier de Trèbes.
Entre-temps, le 1er octobre 2018, l'atelier de Trèbes avait démarré sa production, et les sept premiers containers maritimes s'étaient présentés devant la porte. C'étaient ceux-là.
Ce que ce premier bâtiment a laissé dans l'entreprise
Beaucoup de ce que Contain Life fait aujourd'hui a été mis au point sur ce chantier : le complexe d'isolation, le traitement des pré-cadres soudés, l'étanchéité EPDM sur pente rapportée, les fondations sur pieux vissés sans terrassement, et le travail avec un cabinet d'architecture sur les volets accessibilité et sécurité incendie.
Il a aussi prouvé une chose plus difficile à démontrer sur un plan : qu'un bâtiment recevant du public, construit en containers maritimes réemployés, pouvait accueillir des familles, des médiations, des conférences et des ateliers, et ne pas ressembler à un préfabriqué de chantier. Les visiteurs que l'entreprise emmène encore aujourd'hui sur place ne devinent pas, de l'extérieur, de quoi le bâtiment est fait.
C'est ce type de projet, du bureau associatif au bâtiment médico-social, que nous continuons de construire en Occitanie. Nos autres réalisations professionnelles sont présentées sur la page bâtiments professionnels, et vous pouvez nous contacter pour étudier le vôtre.
Sept ans après ce premier bâtiment, Carcassonne reste la ville où nous avons le plus construit. L'ensemble de nos chantiers carcassonnais est présenté sur la page maison conteneur à Carcassonne.


